1981. VCS dans le salon. An 1 de l'ère numérique ?

Il fut une époque où, en France, François Mitterand était Président de la République pour 7 ans.
Une époque où il était compliqué d'avoir à la maison un téléphone à cadran qui ne prenait même pas de photo et ne permettait pas de liker un truc sur Facebook. En fait, sérieusement, internet n'existait vraiment pas. On pouvait juste téléphoner avec ce genre de téléphone. C'était l'ancien temps. Relou.
Un temps où Michel Platini, Alain Giresse, Bernard Genghini et Jean Tigana constituèrent le carré magique de l'équipe de France de football à Séville - un drame grec, de style tragique, qui structura une génération aux tréfonds de son esprit en gestation.
La génération des humains français nés vers 1970.

John Lennon avait signé un autographe à New-York et il fallait éventuellement relativiser les illusions passées, forgées par les utopistes indispensables post-Elvis et pre-MTV. Un selfie ne l'aurait pas sauvé.

Dorénavant, Che Guevara s'appelait Lech Wałęsa et on n'y perdait pas au change, si on y pense bien, avec le recul.
Emmanuel Macron entrait en moyenne section de maternelle. Brigitte M. avait l'âge de Kurt Cobain ou Jim Morrisson à leurs morts.
Comme Steve Jobs et Bill Gates.
Donald Trump débutait dans la TV-Reality. Son père lui avait donné 1 M de $ pour démarrer dans la vie.
Nabilla ne naîtrait pourtant qu'à la décennie suivante, quasi en même temps qu'internet, en fait, si on calcule.

 

En 1981, j'ai vu sur grand écran pour la première fois un coït. Étrange - dans "la Guerre du Feu".
"E.T.", "Conan le Barbare", "Indiana Jones", "Dark Cristal"
pour l'imagination et son étymologie "magie".

A l'orée de l'endormissement, bercé par les réminiscences des pages lingeries de la Redoute, vaporeuses, transparentes et interdites, et en proie à mes songes nocturnes, je suis un héros.
Dans la foulée, l'Empire contre-attaqua.
Plus tard, on sut que cette année-ci, il y eut aussi David Lynch ("Elephant Man"), Ridley Scott ("Blade Runner"), Stanley Kubrick qui venait de sortir "Shining".

Et que le punk avait engendré Joy Division, The Cure, Siouxsie and the Banshees, Echo and the Bunnymen. Sonic Youth, plus tard, même.

Puis arriva la VCS Atari 2600. J'avais 11 ans. D'abord, j'établis le record de l'univers de Space Invaders, puis je soignai mes ampoules, séquelles inéluctables du marathon final de Decathlon.

En 1981. Et après. Et aujourd'hui. Toutes comptes faits, c'est surtout avant. Mais avant fait partie de maintenant.

Des pixels qui s'assemblent.